A l’heure où les fantasmes de l’ordre reviennent avec force en France, un détour peut être riche d’enseignements. Le succès de la guerre contre les gangs armés au Salvador et la figure du président salvadorien, Nayib Bukele qui a mis en œuvre cette militarisation, interrogent. Une stratégie de communication régit cette politique et emprunte principalement une triple voie : celle de l’information, celle du droit et celle du visuel.
Qui n’a pas vu ces images de prisonniers, torses nus, tatoués, la tête courbée, assis en file indienne, entourés de militaires ? La scène a fait le tour du monde, attirant l’attention sur le Salvador et sur son président, Nayib Bukele. En quelques années, dans ce petit pays d’Amérique centrale, l’un des plus violents au monde en raison des exactions des maras, les gangs armés, le taux d’homicides a été réduit de plus de moitié. La stratégie de la militarisation mise en place par Bukele serait donc gagnante et vaut à celui qui se présente comme « le dictateur le plus cool du monde » une grande popularité. Ce succès ainsi que la figure de ce chef d’État interrogent.
Une stratégie de communication régit la militarisation politique qui se manifeste au Salvador et dans d’autres pays de la région. Elle emprunte principalement une triple voie : celle de l’information, celle du droit et celle du visuel.
Une guerre de l’information
La guerre menée contre les maras est aussi une guerre de l’information. Et, jusqu’à présent, Bukele a gagné sur ces deux fronts. Il a en effet réussi à imposer son récit. Au point qu’on parle de « modèle Bukele » : « un mixte toxique de la montée de la violence et de la soif de popularité de leaders politiques a créé de nombreux admirateurs » de celui-ci sur tout le continent latino-américain. Les critiques au Salvador même sont rares et réprimées, tandis qu’au niveau international, elles se cantonnent le…
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Auteur: dev

