En 1981, des scientifiques ont découvert que les poissons femelles exposés à des températures élevées développaient des testicules au lieu d’ovaires. Depuis, plus de 1 100 études sur différentes espèces animales, dont 400 sur des poissons d’eau douce, ont donné des résultats similaires.
Cela soulève plusieurs questions.
Pourquoi ce phénomène se produit-il ? Comment peut-on l’expliquer ? Est-ce que cela nuit aux populations de poissons à long terme ? Nos recherches ont montré qu’un facteur clé expliquant ce phénomène est la surproduction d’hormones de stress causée par des températures plus élevées.
Pas le temps de s’adapter
Les organes reproducteurs des poissons sont très malléables aux changements environnementaux, car contrairement aux mammifères, ils ont des structures plus simples. Si bien que même de légers changements des conditions de l’eau peuvent avoir un impact direct et significatif sur le métabolisme et la physiologie des poissons.
(AP Photo/Edmar Barros)
Les poissons utilisent cette plasticité à leur avantage en utilisant les signaux environnementaux pour modifier leur succès de reproduction selon les conditions saisonnières. Par exemple, plusieurs espèces de poissons, comme l’esturgeon jaune, se reproduisent au printemps en raison des températures plus chaudes de l’eau.
Cependant, des changements environnementaux soudains provoqués par le changement climatique, par exemple, affectent considérablement les populations de poissons et poussent certaines d’entre elles à se déplacer vers des habitats de…
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Auteur: Valérie S. Langlois, Professor/Professeure titulaire, Institut national de la recherche scientifique (INRS)

