Sur le papier, les clés du succès sont fragiles : le froid sous la grisaille après des dizaines d’heures d’autobus, des rencontres pour devenir citoyens éclairés, des temps de silence et de prière autour de la communauté œcuménique de Taizé qui fuit le star-system. Et pourtant près de 15 000 jeunes chrétiens européens, dont 6 000 Français, sont réunis à Paris et en Île-de-France depuis hier et jusqu’au 1er janvier, pour la 48e Rencontre européenne, la 6e dans la capitale française.
Ces milliers de jeunes se rassemblent avant tout parce qu’ils sont mus de l’intérieur. L’intériorité, c’est l’autre nom de la paix à laquelle ils aspirent. Ils cherchent ! Et, ils savent qu’ils ne trouveront pas le repos de l’âme dans le confort du statu quo. Autour d’eux, le monde crie ses douleurs, où trop de responsables se délectent des divisions, à grands coups de réseaux sociaux. Ils veulent un autre futur. La communauté des frères de Taizé leur offre à la fois le temps long du silence et celui de la rencontre improbable avec un congénère venu d’un pays de l’autre bout du continent, car c’est là que des perspectives nouvelles pour leur avenir peuvent s’ouvrir.
Sans appartenances figées, catholiques, protestants ou orthodoxes, quand ils ne sont pas sans Église ou même sans une expérience de foi, ils se laissent prendre par une expérience universelle de fraternisation et de communion qui se joue des différences. Elle prend son élan dans le « Dieu de paix » selon la formule de frère Roger, fondateur de la communauté, sous l’impulsion du Spiritus Sanctus chanté dans toutes les langues par les refrains de Taizé. Elle pousse, pour nous tous, les portes de 2026 de la meilleure manière qui soit : dans la joie et le désir d’unité.
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