Samandağ (Turquie), reportage
« Super ! » Haydar Esmer, 18 ans, casquette vissée sur la tête, encourage les élèves depuis la plage, un mégaphone à la main. Pendant plus d’une heure, le groupe de jeunes tente de prendre les vagues, petites, mais régulières. Autour, la plage de Samandağ est presque vide, à l’exception de quelques baigneurs. Dans l’eau, Akıl Köse, 17 ans, accompagne les débutants dans leur session de surf. L’objectif : profiter des vagues pour chasser petit à petit les souvenirs des séismes.
Le 6 février 2023, à 4 h 17, un séisme de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter a dévasté le sud-est de la Turquie et le nord de la Syrie. Plus tard dans la matinée, un second séisme de magnitude 7,5 a été ressenti, faisant, selon les chiffres officiels, un total de plus de 50 000 morts côté turc. Hatay, où se situe Samandağ, est l’une des provinces les plus détruites. Un an et demi après les secousses, les conditions de vie y restent difficiles et de nombreuses familles vivent dans des conteneurs. Des secousses continuent d’être ressenties dans la région, faisant chaque fois revivre aux habitants le traumatisme de cette nuit-là. À Samandağ, certaines parties de la ville sont vides, les bâtiments les plus endommagés ont été démolis.
Ici, le surf porte l’espoir d’insuffler une nouvelle dynamique à cette ville durement touchée par les séismes, et celui d’offrir de nouvelles perspectives aux jeunes. Tout l’été, le Centre de surf d’Hatay propose ainsi des cours de surf gratuits aux adolescents de Samandağ et Defne, une autre ville d’Hatay, dans le sud-est de la Turquie. Samandağ, et sa plage de 14 km de long, ne sont pourtant pas connues pour le surf. Pourtant, l’engouement a pris petit à petit.
La semaine suivant les séismes, « il n’y avait pas d’électricité, pas de télévision. On ne savait ce qui se passait ni ce que faisaient ou comment allaient les…
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Auteur: Mathilde Warda

