Saint-Avold (Moselle), reportage
Sur le marché de Saint-Avold, les baskets de Christian Porta détonnent au milieu des mocassins et des richelieus de ses adversaires. Installés chacun à un coin de la place, les candidats aux élections municipales battent le pavé pour distribuer tracts et poignées de main, à quelques jours du premier tour. Une liasse de programmes sous le bras, le syndicaliste salue ses concurrents avant de se diriger vers ses colistiers d’un pas rapide. Mais il lui faut plus d’un quart d’heure pour traverser la place au gré des salutations ou des réactions sur sa campagne, venue bouleverser le paysage politique de cette commune ayant voté à 44 % pour le candidat d’extrême droite lors des dernières législatives.
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Militant à Révolution permanente et délégué syndical CGT au sein de la boulangerie industrielle Neuhauser, Christian Porta est à la tête de la seule liste de gauche à se présenter aux municipales de cette commune de 15 000 habitants, située dans l’ancien bassin minier de l’est de la Moselle. Une liste « ouvrière et solidaire », composée de « travailleurs et travailleuses » et d’anciennes figures locales du mouvement des Gilets jaunes.
« L’idée, c’était de rassembler tous les nouveaux acteurs des dernières luttes et des mouvements sociaux qu’il a pu y avoir récemment à Saint-Avold », détaille le Naborien.
« Une gauche qui renoue avec la classe ouvrière »
À « Saint-A », il y a toujours eu une volonté « d’incarner une liste de gauche, citoyenne, une petite alternative, mais ça ne prenait jamais réellement », développe Christian Porta. En octobre, son projet de candidature ouvrière a changé la donne.
« Ici, la gauche a abandonné et énormément trahi. On se rappelle tous de François Hollande qui avait dit qu’il ne fermerait pas les hauts…
Auteur: Adrien Labit, Anne Mellier

