Manifestation aux Goudes contre le surtourisme, désert de valises à roulette dans le quartier du Panier, banderoles de voisins contre les Rooftop illégaux à Malmousque, manifestation d’habitant.es contre un 6e restaurant branché au Vallon des Auffes, dancefloors sans fin à la Friche et soirées contre-culturelles sympa à la Belle de Mai, Jacuzzi hors de prix et jets de harissa pour réchauffer les maillots de bain des touristes à Belsunce, arrêtés de péril dans les Airbnb aux Réformés… Mais encore effondrements de bâtiments et blessées à la halle Delacroix, rénovations avec toujours autant de tact et de supposé « soin » pour les habitant.es de Noailles, chaleureusement accompagnés par les enseignes blanc immaculé des succursales culturelles comme Montevidéo (préempté 900 000 euros par la ville) ou verdâtre de bars à New Yorkais, repeints pendant le carnaval… Victor Collet poursuit ici son travail d’enquête sur la gentrification de Marseille et tout ce qui lui résiste.
« 6 à 8 000 logements sont sortis du domaine locatif traditionnel pour aller dans la location saisonnière pour touristes. Dite de courte durée. On assiste à une véritable érosion des propriétaires-bailleurs. Ils vendent à tour de bras. La plupart ne veulent plus de locataires. »
Un agent immobilier vertueux ayant quitté la profession après les effondrements du 5 novembre 2018 et le grand boom immo de 2020 à Marseille
Les Apparts[mimant le Shylock de Shakespeare] – « Ces personnes qui font la guerre aux touristes n’ont-elles jamais été touristes elles-mêmes ? Chacun doit donc rester chez soi et ne jamais découvrir le monde ? »
Groupe privé Facebook, « Hôtes Airbnb Marseille », automne 2023
Dire qu’il ne se passerait plus rien à Marseille, que la ville serait vouée à n’être qu’un dépotoir à touristes branchouilles et un cauchemar pour les gens cherchant à se loger, bref qu’elle ne serait plus que…
Auteur: dev

