Les «lynchages» ne dérangent pas la classe politique quand ils sont commis par l’extrême droite. Le scandale, c’est que l’embuscade de ceux qui voulaient «casser la tête» des antifas ait mal tourné pour eux
Des ombres cagoulées. Un homme au sol, recroquevillé, lynché par une meute, des coups de bouteille, de tesson, de couteau. Deux blessés graves, dont un poignardé. Un syndicaliste de la CGT. Ces images, ce ne sont pas celles de Lyon diffusées il y a quelques jours. Elles datent d’il y a un an, presque jour pour jour, et montrent une embuscade néo-nazie menée en plein Paris contre un local militant qui projetait un film contre l’extrême droite.
En repartant, ce commando a hurlé «Paris est nazi» et laissé des autocollants à croix celtiques, pour revendiquer son acte. Les mêmes croix celtiques que brandissaient Quentin Deranque et ses amis en manifestations. Ces images n’ont pas fait le tour des médias, car il ne faudrait surtout pas montrer au grand public la réalité de la terreur fasciste en France.
Celui qui a monté cette attaque, qui aurait pu causer la mort de plusieurs militants de gauche, se nomme Calixte Guy, un néo-nazi ultra-violent. C’est aussi lui qui se coordonnait avec Némésis pour tendre d’autres embuscades à Lyon. Dans le téléphone de cet homme, les enquêteurs ont trouvé ce slogan : «Antifa, te casse pas la tête, Audace s’en chargera». Audace, c’est le groupe auquel appartenait aussi Quentin Deranque, et qui organise des entraînements au combat pour «défendre la race blanche». Et ce sont les mêmes qui se victimisent désormais.
L’affaire de Lyon est devenue trop énorme, et les révélations trop scandaleuses pour être dissimulées : à présent, même BFM est bien obligée, après avoir relayé pendant une dizaine de jours le narratif de l’extrême droite, de faire un tout petit peu de journalisme. À la suite de la révélation par L’Humanité
Auteur: B

