Héritée de la guerre froide, la ligne de communication directe, qui relie la Maison Blanche et le Kremlin, le fameux « téléphone rouge » (en réalité, un système de courrier électronique sécurisé), est toujours fonctionnelle, mais semble peu utilisée depuis le début du conflit en Ukraine. Cet outil, qui a historiquement empêché nombre d’escalades des tensions entre les deux puissances, sur le plan nucléaire notamment, pourrait être employé par Poutine et Trump au cours des quatre prochaines années, mais pour qu’il soit efficace, les deux leaders devront adoucir leur manière habituelle d’échanger avec leurs homologues…
Donald Trump a répété à de multiples reprises que, une fois au pouvoir, il mettrait fin à la guerre en Ukraine en 24 heures. Cette promesse est bien sûr improbable – et ce, même sans une contrainte de temps aussi irréaliste. La fin conflit nécessite, pour commencer, que les Ukrainiens et les Russes acceptent de se mettre autour d’une table pour négocier – une gageure à l’heure actuelle. Les menaces intempestives et les exigences du président élu américain forceront peut-être les belligérants à débuter des discussions de paix. Mais son style diplomatique exubérant pourrait aussi accroître le risque d’escalade plutôt que mettre fin à la guerre.
Avec ses déclarations tapageuses, Trump se risque à un pari dangereux alors que la Russie se montre de plus en plus agressive, notamment sur le plan nucléaire. Depuis le début du conflit, en février 2022, Moscou a renforcé son arsenal nucléaire et a également menacé plusieurs pays – dont l’Ukraine, mais aussi le Royaume-Uni et la Finlande – d’employer des armes nucléaires à leur encontre ou de poster son armée à leurs frontières. La Russie a également révisé sa doctrine nucléaire et se dit prête à utiliser ses armes nucléaires tactiques contre des États n’en disposant pas si ces derniers sont soutenus…
Auteur: Eszter Simon, Senior Lecturer Politics and International Relations, Nottingham Trent University

