Le temps de vivre et le temps de mourir

La plume toujours acérée et lucide, le cinéaste libanais Ghassan Salhab évoque ici la fuite en avant et la cécité suicidaire du gouvernement israélien. Paradoxalement, le déluge de massacres et de destruction engendre une seule et décisive alternative : « Quel autre choix avez-vous, avons-nous, encore, sinon de vivre ou de mourir ensemble ? »

Pendant que vous lisiez une histoire à votre fils, la Haute Cour de justice rendait deux décisions savantes, l’une autorisant l’État à détruire des villages et à les remplacer par un champ de tir militaire, l’autre permettant au Shin Bet de continuer à détenir un Palestinien qui était déjà en garde à vue sans inculpation ni preuve depuis 19 mois d’affilée.

Amira Hass, 30 mai 2023

Nous connaissons la phrase, elle est devenue célèbre, mainte fois répétée, un impératif qui n’a de cesse, dans toutes les langues. Véritable chantage à tout préalable d’échange. Je vais m’épargner de l’écrire. Et cette date, le 7 octobre, qui comme tant d’autres dates auparavant et à venir, se veut fatidique, sans précédent. Plus de deux mois après, elles (la phrase et la date) continuent d’être brandies, menaçant, condamnant, quiconque refuse d’obtempérer, même à vouloir contextualiser, à vouloir rappeler l’état de siège qui étrangle cette bande depuis 2007, à vouloir rappeler qu’il y a un occupant et des occupés depuis des décennies et des décennies, que plus de cinquante résolutions des Nations Unies n’ont été ni respectées ni prises en compte depuis 1947 par l’État Hébreu, en plus du droit de véto presque systématiquement utilisé par les États-Unis pour empêcher tout vote en défaveur de leur protégé au Conseil de sécurité, la trente-cinquième fois il y a encore quelques jours depuis 1970. Toute solidarité avec le peuple Palestinien, fut-elle « humanitaire », modérée, est criminalisée. Plus de deux mois qu’un carnage sans…

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Auteur: dev