Alors que nous terminions l’édition de cette semaine, nous avons appris le décès de Jacques Camatte, figure incontournable de la pensée révolutionnaire des années 60 et 70. Certains de ses textes, parus dans la revue Invariance qu’il dirigeait, ont eu une influence majeure sur certains d’entre nous, comme sur tant d’autres. Ses apports à l’analyse des évolutions du capitalisme et donc à la théorie révolutionnaire ont été précieux et décisifs. Au mitan des années 2000, nous avions eu la joie d’aller le rencontrer chez lui, au détour d’un voyage et au milieu de nulle part. Nous nous attendions à rencontrer une légende, à nos yeux en tous cas, et nous l’imaginions ressembler à un vieux sage probablement fatigué par l’âge. Nous nous retrouvâmes face à lui, pieds et torse nus sous le cagnard, les abdos en tablettes de chocolat et tous les muscles des bras saillants. Il était en train de creuser seul, à la pelle, une réserve d’eau de la taille d’un piscine olympique. Il se montra d’une gentillesse, d’une curiosité et d’un générosité immenses. Nous repartîmes avec sous le bras, tous les numéros d’Invariance qu’il nous manquait, non sans l’avoir dépanné en trifouillant le code html de son site internet. En attendant que nous ou d’autres rédigent un hommage théorique qui permette de saisir l’importance de sa pensée, nous publions cette semaine Contre la domestication, paru en 1973 dans le 3e numéro d’Invariance. C’était il y a 52 ans, qu’il soit encore si actuel en dit long sur son degré d’actualité à l’époque.
Contre la domestication
Jamais la société capitaliste n’a connu une période aussi critique que celle que nous vivons. Tous les éléments de la crise classique existent à l’état permanent, sauf une diminution de la production qui n’affecte que certains pays et de façon limitée. On assiste à une décomposition des rapports sociaux et de la conscience…
Auteur: dev

