Depuis les années 1960, le titre-restaurant a su s’imposer comme un avantage social majeur en France. En 2022, la loi sur le pouvoir d’achat l’ouvre aux produits alimentaires – œufs, riz, etc. Un dispositif prolongé le 23 janvier dernier. Remettrait-il en cause le principe originel de pause repas du salarié, à laquelle participe financièrement l’employeur et l’État ?
Les titres-restaurant, tels que Ticket Restaurant, UpDéjeuner, Pluxee Restaurant, Resto Flash ou encore Swile, sont des avantages sociaux précieux en France. Ils permettent aux salariés de payer leurs repas dans les restaurants ou d’acheter des aliments immédiatement consommables. Dans un contexte d’inflation galopante, la loi dite « pouvoir d’achat » d’août 2022 étend leur usage aux produits alimentaires non directement consommables. Le 23 janvier dernier, le législateur prolonge le dispositif jusqu’au 31 décembre 2026.
Cette mesure répond à l’inflation, mais également à l’augmentation induite des repas « faits maison » et à l’essor du télétravail au sein des entreprises depuis le Covid. Environ 13 % des journées sont télétravaillées d’après Xerfi, soit cinq fois plus qu’en 2019. Les restaurateurs pourraient considérer que ce dispositif détourne les titres-restaurant de leur fonction première. Les gagnants de cette bataille législative sont les grandes et moyennes surfaces (GMS).
Entre pouvoir d’achat, exonération d’impôt et périmètre d’application, les titres-restaurant sont devenus un véritable enjeu économique, social et politique qui mérite une réflexion approfondie dans les prochains mois.
Une success-story à l’origine anglaise
Le concept du titre-restaurant est né à Londres après la Seconde Guerre mondiale grâce au docteur Winchendron. Propriétaire d’une clinique, il avait passé un accord avec les restaurateurs du quartier pour que ses employés puissent utiliser les…
Auteur: Pierre-Olivier Giffard, Enseignant et directeur du département Marketing, Entrepreneuriat et Développement commercial, ESCE International Business School

