Culminant à 1 999 mètres d’altitude, la route pastorale menant au col de Sarenne est belle et sauvage. C’est une route pastorale, destinée aux bergers ; la vitesse y est limitée à 20 km/h et elle est fermée 8 mois sur 12. Le GR 54 (sentier du parc national des Écrins) longe cette route — il se confond même avec elle par endroits. Pour le randonneur ou le cyclotouriste, c’est un de ces beaux et rares espaces où l’on peut respirer de l’air pur.
C’est dans cet espace préservé que les organisateurs du Tour de France veulent faire passer l’étape reine du Tour 2026 — du 4 au 26 juillet 2026 —, la plus décisive et la plus montagneuse. Elle devrait se déployer au col de Sarenne, avant de descendre un peu plus bas dans la station de l’Alpe d’Huez, pour passer la ligne d’arrivée.
La foule est attendue sur le versant le plus sauvage de la route. À en croire les commentateurs, une telle ascension située en fin d’étape peut attirer jusqu’à 1 million de spectateurs. Des centaines de milliers de personnes vont donc s’entasser dans la vallée du Ferrand, habituellement peuplée de marmottes, de renards, de chamois, de gypaètes, de circaètes, d’hermines… ainsi que de fragiles tétras lyres, oiseaux emblématiques des Alpes, et lagopèdes (galliformes nichant au sol dont les petits naissent en juillet, c’est-à-dire pendant le tour de France). Sans oublier les aigles royaux, qui pourraient être dérangés par les hélicoptères de la télévision si ceux-ci survolaient les zones où ces oiseaux nichent.
Comment ne pas être interloqué par cette mise en danger d’un site écologique si précieux pour une seule journée de spectacle sportif ?
Des travaux pour une seule journée de course
Dans un rapport diffusé en décembre 2003, le Conservatoire botanique national alpin estimait que « la diversité faunistique du site est remarquable » et que « l’excellent état de conservation de la…
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