Le tournant de la guerre

Aucune des sept précédentes expéditions militaires ordonnées par Poutine et débutées par la seconde guerre de Tchétchénie n’avait été officiellement déclarée et nommée comme telle. Or, dans une interview accordée au journaliste Pavel Zarubin le 5 juillet 2026, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a dit que la Russie était désormais entrée en guerre contre l’Ukraine « à cause du soutien des Occidentaux ».

Cette dénégation des faits se transforme en une inversion accusatoire comme les soviétiques en ont acquis la maîtrise depuis très longtemps. Mais ce qu’il faut entendre par là, c’est que le Kremlin est en guerre contre ce qu’il appelle « l’Occident collectif ». Où l’on constate une fois encore que ce n’est pas nous qui décidons qui est notre ennemi, c’est lui qui nous désigne, comme le dirait Julien Freund. Et de fait, il nous désigne de manière de plus en plus fréquente, systémique et violente : cette guerre est en train de prendre un autre tour, aussi bien en Ukraine qu’en Europe.

Depuis cet été 2026, une très nette inflexion de l’agression russe vers une guerre totale vise délibérément, massivement et quotidiennement la population civile ukrainienne, en même temps qu’il se produit une indéniable extension des interventions de tous types sur le sol européen et son internationalisation croissante : entre trente et quarante mille Nord-Coréens s’entraînent sur le sol de la fédération russe quand autant travaillent dans ses usines de drones. Sans parler des aides iraniennes et chinoises en tous genres.


Rassemblement en mémoire des disparus et prisonniers de guerre, Ukraine, août 2026.

I – EN UKRAINE, MOSCOU MÈNE DÉSORMAIS UNE GUERRE TOTALE

Des têtes de missiles à l’uranium appauvri

Le 20 mai 2026, les services ukrainiens ont trouvé près du village de Kamka, à 50 km au nord-est de Tchernihiv, une tête de missile durcie à l’uranium…

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Auteur: dev