Sidonie* s’est éteinte le 13 décembre 2021, terrassée par un cancer de l’ovaire d’origine professionnelle. Aide-soignante pendant 40 ans dans un service de cancérologie, elle a été exposée au radium et à des médicaments de chimiothérapie. Or, ceux-ci peuvent être cancérogènes.
« Quand les produits de chimio se renversaient sur les paillasses, c’était nous, les aides-soignantes, qui devions les nettoyer, sans masque et sans gants. Nous étions aussi exposées via les selles et les urines des patients soignés. Personne ne nous a jamais dit que c’était dangereux », avait témoigné Sidonie auprès de Basta! en 2021.
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Elle expliquait aussi qu’elles faisaient la toilette des malades soignées avec des aiguilles de radium sans précautions particulières. Au moment de son décès, elle n’avait pas encore obtenu la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie : « Mes dossiers ont été refusés deux fois. Or, je sais que mes jours sont comptés », nous disait-elle.
Le cancer du sein peut être dû au travail
Si le dossier de Sidonie a tant traîné, c’est parce qu’il n’existe pas de tableau de reconnaissance en maladie professionnelle du cancer de l’ovaire en lien avec l’exposition aux produits de chimiothérapie ou au radium. Créés par décrets gouvernementaux, ces tableaux épargnent aux malades d’avoir à prouver le lien entre leur maladie et leur exposition professionnelle.
Ils induisent une « présomption d’imputabilité » : les personnes exposées pendant tant d’années à tel produit ou à telle activité peuvent obtenir une reconnaissance du caractère professionnel de leur pathologie. Sans tableau, il faut apporter soi-même la preuve du lien entre son travail et sa maladie, et se préparer à de longues années de procédures.
Auteur: Nolwenn Weiler

