L’article 25 de la proposition de loi dite « intégrale », est discuté cette semaine tandis que le développement des plateformes numériques a profondément transformé l’industrie pornographique et le travail du sexe (TDS), en favorisant l’essor d’une autoproduction à domicile qui promet davantage d’autonomie et de sécurité. Mais cette indépendance apparente a pour envers l’isolement, la mise en concurrence et une dépendance accrue aux plateformes et à leurs algorithmes.
L’article 25 vise à redéfinir le proxénétisme, et par extension la prostitution, pour l’étendre au télétravail sexuel en ligne, notamment au TDS en webcam, alors que jusqu’à présent toutes les jurisprudences rappelaient la nécessité d’un contact physique avec un client. Sachant que le consentement des travailleur·ses du sexe est considéré inopérant, cela aura des conséquences importantes en matière de criminalisation, discriminations, et en particulier, le blocage de tout recours possible en matière de droit du travail, puisque la qualification de proxénétisme, déplace tout vers le droit pénal, empêchant par exemple toute possibilité de requalification salariale, protection sociale, recours prud’hommaux, etc.
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À l’heure où les frontières entre travail, intimité et technologie s’effacent, le télétravail du sexe (TTDS) s’impose comme un laboratoire avancé des mutations du capitalisme contemporain. Loin d’échapper aux rapports de domination, l’essor de l’autoproduction pornographique sur les plateformes numériques (OnlyFans, MYM, et autres plateformes de webcamming) illustre à quel point le néolibéralisme sait coloniser les aspirations à l’émancipation.
Pour le comprendre, croisons la critique des affects de Frédéric Lordon, l’analyse du capitalisme de surveillance de Shoshana Zuboff, et les grilles de lecture du féminisme matérialiste. C’est précisément ce secteur et ses équilibres précaires que menace…
Auteur: camille varso
