Le travail invisible est un travail non rémunéré, ou peu, sous-valorisé au regard du travail accompli et de ce qu’il peut apporter à un proche, un organisme ou une institution.
Il est majoritairement réalisé par les femmes. Il comprend les tâches domestiques et les soins (physiques et de soutiens psychologiques) apportés à des proches (enfants, personnes à besoins particuliers, en perte d’autonomie), mais aussi les aides fournies au sein d’une entreprise familiale (exploitations agricoles, commerciales) ou pour le bien d’une organisation de travail (institutions ou autres organismes), sans reconnaissance pécuniaire ou permettant une évolution de carrière.
Quel que soit le profil professionnel des femmes, qu’elles soient mères au foyer, travailleuses autonomes, aux horaires atypiques, étudiantes, professeures d’université ou même élues, toute femme est confrontée, à un moment ou un autre de sa vie, à devoir gérer du travail invisible, comme le démontre cette récente recherche sur la conciliation famille travail études. Ce travail peut s’accomplir de manières différentes et avec des implications et conséquences variées, mais il se rejoint sur un point : il est assigné prioritairement à la sphère privée et associé à un travail domestique, affectif et/ou de soin.
Depuis 23 ans, à l’initiative de l’association féministe québécoise d’éducation et d’action sociale (Afeas), chaque premier mardi du mois d’avril est consacré à la Journée mondiale du travail invisible. Le Bureau international du Travail (BIT) estimait, en 2011, à 8 000 milliards de dollars américains la valeur annuelle du travail invisible et non rémunéré des femmes à travers le monde. Cette question m’interpelle en tant que chercheuse travaillant sur les inégalités de genre, notamment au moment de la transition à la parentalité.
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Auteur: Laurence Charton, Sociodémographe, Institut national de la recherche scientifique (INRS)

