Et les néolibéraux veulent envoyer la jeunesse des classes populaires toujours plus tôt au travail
Il s’appelait Lorenzo Menardi, il n’avait que 15 ans, et sa vie a été fauchée beaucoup trop tôt. L’adolescent était apprenti maçon, il est décédé le 30 avril sur un chantier de Saint-Martin-du-Var, dans les Alpes-Maritimes, «percuté par un engin de chantier de type pelleteuse». Il étudiait dans un CFA de maçonnerie à Antibes et venait d’intégrer un apprentissage dans une entreprise de travaux publics.
Le nombre d’apprentis mineurs augmente ces dernières années, et le rapport 2024 de l’inspection du travail en Pays de la Loire a montré la situation préoccupante de ces jeunes travailleurs. Selon ce document, plus d’un tiers des entreprises présentaient des irrégularités sur la durée du travail – horaires incomplets, absence de pauses, heures supplémentaires non payées – 43% ne respectaient pas les règles d’hygiène et de sécurité, et près d’un tiers des situations faisaient état d’un suivi médical défaillant, voire inexistant dans 15% des cas. Exploités de plus en plus jeunes, et mal protégés.
Le 8 avril, la Ministre de l’Éducation Élisabeth Borne estimait sur le plateau de la chaîne LCP : «Il faut se préparer très jeune, dès le départ, presque depuis la maternelle, à réfléchir de la façon dont on se projette dans un métier». En ligne de mire, une énième réforme destructrice de l’Éducation Nationale pour «orienter» toujours plus tôt certains jeunes vers le «marché du travail».
Avec sa déclaration, Borne résumait toute la philosophie des néolibéraux : mettre les enfants des classes populaires au travail dès le plus jeune âge, sans pouvoir faire d’études. Dès 2009, les gouvernement successifs ont organisé la professionnalisation des mineurs, avec la signature de contrat pour les jeunes de 16 ans, afin de les orienter vers les métiers «en tension» comme le…
Auteur: B

