Cela fait deux ans et demi que Samia vit dans ce centre d’hébergement d’urgence (CHU) du 12e arrondissement parisien avec son mari et leurs deux filles de 3 et 6 ans. Une petite pièce pour quatre, dont les lits servent aussi de canapés, avec un petit bureau. Cette famille d’origine tunisienne a subi les effets de la crise sanitaire : en 2020, le père de famille, livreur à vélo, a été licencié. Dans la foulée, les parents et leurs petites filles se sont retrouvés à la rue. « C’est une trajectoire que l’on rencontre beaucoup, résume Lotfi Ouanezar, directeur général d’Emmaüs Solidarité. Une perte d’emploi pendant la crise sanitaire, la rue, le 115, puis le centre d’hébergement d’urgence pour rebondir. »
Sauf que ce qui devrait justement rester un moyen de rebond tend de plus en plus à rester une solution pérenne. La demande de logement social, déposée par la famille il y a trois ans, n’aboutit pas… comme pour beaucoup de personnes accueillies dans ce centre. La durée moyenne d’un séjour en CHU ne cesse de s’allonger, faute de relogement, jusqu’à créer des « bouchons », empêchant de libérer des places. En activité depuis 2020, cette structure d’Emmaüs Solidarité nommée « Traversière » accueille 12 familles et 50 hommes seuls, logés sur quatre étages.
Au rez-de-chaussée, le bâtiment propose un accueil de jour pour les personnes en situation de précarité. Particularité du lieu : c’est un « habitat intercalaire », dispositif mettant à disposition des locaux à des associations de façon temporaire en attendant leur nouvelle affectation. Ce bâtiment, appartenant à la SNCF, est loué à Emmaüs Solidarité jusqu’en septembre 2024. « Nous avons une vision à court terme, assure Lotfi Ouanezar. Nous ne savons pas où nous serons dans un an. »
Cette difficulté ne fait que s’ajouter au contexte compliqué que partagent toutes les structures de lutte contre la…
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Auteur: Youna Rivallain

