Encore une fois, Annie Genevard ignore la science au profit de l’agro-industrie. Le 22 septembre, la ministre de l’Agriculture a décidé d’autoriser l’Avadex Factor, un herbicide à base de triallate, par une dérogation de 120 jours sur les cultures d’orge d’hiver. Bien qu’interdit depuis trois ans, 90 000 litres de ce produit pourront être pulvérisés dans des milliers de champs, jusqu’au 21 janvier 2027.
Seules restrictions : l’Avadex Factor devra être épandu en dehors des périmètres de protection des captages d’eau potable et sous-respect d’une zone non traitée de 20 mètres par rapport aux points d’eau.
Avis scientifiques négatifs
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a pourtant refusé en 2018 puis en 2023 l’autorisation de mise sur le marché de l’Avadex Factor. En 2023, l’agence a estimé que le triallate comportait un « risque inacceptable » de contamination pour les eaux souterraines, la santé humaine et certains arthropodes. Par ailleurs, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) considère qu’aucun usage de cette substance n’est acceptable en raison de ses propriétés génotoxiques, c’est-à-dire ses capacités à endommager l’ADN.
Malgré tous ces risques documentés scientifiquement, cet herbicide a pu être réautorisé grâce à la procédure de dérogation d’urgence dite de « 120 jours » qui permet au ministère de l’Agriculture de donner son accord sur la base d’un dossier très simplifié. En l’espèce, c’est même Annie Genevard qui, lors du congrès des céréaliers de la FNSEA — le syndicat productiviste — fin mai, les a encouragés a déposer une demande de dérogation d’urgence pour l’utilisation d’herbicides à base de triallate. De son côté, l’association Générations futures va porter plainte contre cette dérogation.
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