Le trumpisme, anatomie d’un fascisme moderne

Deux jours après la première élection de Donald Trump, en janvier 2016, Alain Badiou avait forgé un drôle d’oxymore : « Fascisme démocratique » (1). Le philosophe avait vu juste. À mi-chemin du second mandat, le fascisme est bien là, avec sa milice fédérale qui traque les migrants, les tabasse au hasard ou, plus exactement, à la couleur de peau, et s’arroge le droit de vie ou de mort sur tout citoyen récalcitrant, même blanc, comme récemment encore à Minneapolis. L’ICE, acronyme de cette police très spéciale, a quelque parenté avec les SA d’Ernst Röhm dans l’Allemagne des années 1930. Et la démocratie, où est-elle ? Elle est là, à la manière de Trump, chaotique.

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Trump, Alain Badiou, PUF, 2020.

Après tout, le président états-unien a été élu, et il est protégé par un système judiciaire qui s’est révélé étonnamment fragile, couronné en son sommet par une Cour suprême tout à sa dévotion. Et Badiou complétait son analyse d’un portrait très ressemblant du nouveau président : « La vulgarité débridée, la relation pathologique aux femmes, et l’exercice calculé du droit de dire publiquement des choses inacceptables pour une large portion de l’humanité. » Trump confirme tous les jours ces quelques traits acerbes mais justes.


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Mais la personnalité de Trump, son côté Ubu roi, n’est-elle pas un piège ? On l’a dit fou, ou à tout le moins imprévisible, irrationnel, erratique. De là à déduire qu’il n’a pas d’idéologie, ce serait une erreur. S’il est incapable d’énoncer lui-même un discours…

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Auteur: Denis Sieffert

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