Le trumpisme est à l’agonie, mais les questions de fond demeurent

Ce n’est pas la victoire des Démocrates qui étonne – tous les sondages l’annonçaient –, mais son ampleur. Un raz-de-marée et une déroute personnelle pour Donald Trump, contraint de reconnaître la défaite de son camp. Des États ultra-conservateurs comme le Texas ou le Kansas (une première depuis 1932) sont tombés ce 3 novembre dans l’escarcelle des Démocrates qui ont repris la Chambre des Représentants (219 sièges contre 138 aux Républicains), ce qui était attendu, mais qui ont également conquis le Sénat (54 sièges contre 44 aux Républicains) avec des victoires hautement symboliques comme celle d’Abdul El-Sayed dans le Michigan, qui est le premier musulman à faire son entrée dans la Chambre haute, et qui est surtout l’une des figures de la gauche du parti, proche de Bernie Sanders et du maire de New York, Zohran Mamdani. Ou encore celles de Chris Pappas, dans le New Hampshire, le premier homme ouvertement homosexuel élu au Sénat, et Deb Haaland, au Nouveau-Mexique, première femme amérindienne gouverneure.

Trump va certes être affaibli pour les deux dernières années de son mandat, mais il aura encore les mains libres en politique étrangère.

Ces élections ont révélé plusieurs personnalités qui sont autant de candidats potentiels à la présidence pour 2028. On cite notamment Jon Ossoff en Géorgie. Un État dont la gouverneure sera la démocrate Keisha Lance Bottoms, qui devient la première femme noire à occuper ce poste aux États-Unis (1). Les raisons de ce raz-de-marée sont connues : la guerre en Iran et la hausse consécutive du prix des carburants, mais aussi la corruption et la concussion dont le clan Trump s’est rendu coupable. On peut aussi penser que le soutien aveugle à Israël a eu un impact considérable, au point que Trump a annoncé, mais un peu tard, qu’il supprimait une aide annuelle de 3,8 milliards de dollars dédiée à la sécurité de l’État hébreu. Cela, le jour même du…

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Auteur: Denis Sieffert