Demain, sauf immense surprise, elle aura encore mon vote. J’espère sincèrement que ses campagnes électorales réussiront. Je n’écris pas ces lignes pour décourager qui que ce soit d’y militer ou d’y croire. Au contraire, investissez massivement les Groupes d’Action et allez faire bouger les lignes en interne si vous en avez l’énergie et la possibilité.
J’écris simplement pour expliquer pourquoi, après des années d’engagement, je ne peux plus y consacrer mon temps militant.
Le point de rupture a été le vote de la loi sur l’aide à mourir.
Je sais que beaucoup de camarades y voient une conquête progressiste. Moi, j’y vois une loi profondément validiste, traversée par une logique eugéniste et parfaitement compatible avec le capitalisme contemporain.
Dans une société qui refuse déjà de garantir aux personnes handicapées les moyens matériels d’une existence digne — un logement adapté, des soins, des auxiliaires de vie, des revenus décents, des transports accessibles, une véritable autonomie — faire de l’accès à la mort un nouveau droit ressemble moins à une avancée qu’à l’aveu d’un renoncement collectif.
Ce qui m’a sans doute le plus blessée n’est pourtant pas le vote lui-même.
C’est le silence.
Pendant des mois, les associations et collectifs antivalidistes ont multiplié les tribunes, les rencontres, les interpellations publiques. Ils ont expliqué pourquoi cette loi faisait peser un risque particulier sur les personnes handicapées, âgées, dépendantes ou précaires. Ils ont tenté d’introduire dans le débat une critique matérialiste du validisme, de rappeler que le « choix » n’est jamais totalement libre lorsque la société organise déjà la dépendance, l’isolement et la pauvreté.
Pourtant, presque personne n’a voulu les entendre.
Je n’attendais pas des députés insoumis qu’ils soient tous d’accord avec ces analyses. J’attendais au minimum qu’ils les prennent au…
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