Le vote par Internet, une solution pour faire face à l’abstention en France ?

Le vote en ligne est souvent évoqué ces dernières années comme une solution pour lutter contre la hausse de l’abstention. Emmanuel Macron avait par exemple prévu dans son programme de 2017 de « généraliser le vote électronique d’ici 2022 ». Si la promesse n’a pas été tenue, le contexte de crise sanitaire et la distanciation sociale généralisée qui s’en est suivie tout autant que l’abstention massive de ces dernières années (26 % d’abstention au premier tour de l’élection présidentielle de 2022), ont amené de nombreuses personnalités politiques à se prononcer en faveur du vote en ligne. Pour autant, en France, où se rendre au bureau de vote reste un rituel républicain,on peut penser que le vote en ligne serait accueilli plus difficilement par les citoyens que dans certains autres pays.

Les premiers résultats de notre enquête post-électorale dans le cadre People 2022 nous permettent d’éclairer ce débat.

Une pratique encore balbutiante aux avantages et aux inconvénients multiples

Le vote en ligne, vote numérique ou vote par Internet est un dispositif permettant de participer à l’acte électoral par Internet et sans forcément se rendre dans un bureau de vote. Il se distingue du vote électronique qui englobe aussi les machines à voter installées dans des bureaux de vote. S’il n’a jamais été utilisé lors de la présidentielle en France, le vote en ligne est cependant déjà présent dans notre pays, que l’on pense aux élections intra-partisanes, aux processus de primaires, aux élections professionnelles, ou encore au vote des Français de l’étranger lors des dernières élections législatives et consulaires.

Le vote en ligne est souvent présenté par ses promoteurs comme un moyen permettant de lutter contre l’abstention en favorisant la participation de groupes traditionnellement éloignés des urnes (les jeunes par exemple) ou ayant des difficultés à s’y rendre (Français de l’étranger, personnes en situation de handicap, etc.). Il est aussi loué par certains pour sa capacité à alléger les coûts d’organisation des scrutins (suppression des bureaux de vote, accélération de la durée des dépouillements, etc.).




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Quel mode de scrutin pour quelle démocratie ?


Pourtant, dans une démocratie représentative, l’acte électoral doit remplir différentes conditions, en termes de normes démocratiques d’une part, et d’aspects techniques d’autre part. À ce dernier titre, la sécurité du scrutin et son processus de vérification doivent être assurés, tout comme la gestion et l’hébergement des données ou encore leur contrôle.

C’est d’ailleurs en raison de vulnérabilités légales et techniques que différents pays l’ont abandonné (Pays-Bas) ou ont exclu d’y recourir (Grande-Bretagne).

Néanmoins, en Europe, l’Estonie et la Suisse y ont régulièrement recours. En Estonie, si ce type de…

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Auteur: Marie Neihouser, Chercheuse en science politique, Université de Toulouse, chercheuse associée à ESPOL-Lab, Institut catholique de Lille (ICL)

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