Les États-Unis s’apprêtent à célébrer le 4 juillet les 250 ans de la Déclaration d’indépendance qui a marqué leur émancipation d’avec la Couronne britannique. Drôle de contexte tout de même pour un empire englué dans un conflit avec l’Iran qu’il a provoqué et dont il ne se sort que dans ce qui ressemble à une capitulation. Certes, les États-Unis possèdent toujours la puissance des armes et celle du dollar, mais ils ont perdu toute lisibilité. Un individu peut être dominé par ses passions, celle de l’argent par exemple, mais un État ne le peut pas. A fortiori lorsqu’il s’agit d’une puissance planétaire dont les foucades ont un impact mondial. En peu de temps, Trump a dilapidé ce qu’il y a de plus précieux et de plus immatériel : la confiance des alliés traditionnels de son pays.
On peut se demander si les États-Unis ne sont pas en train de glisser dans ce purgatoire des nations les plus mal-aimées.
À force de « Riviera à Gaza », de rachat du Groenland, de soutien à Poutine, de droits de douane erratiques et d’inconséquences généralisées, il a ruiné les principes fondateurs qui vont sûrement être invoqués ce 4 juillet, au comble de l’hypocrisie. Inscrire le nom de Donald Trump sur la même ligne que ceux de Benjamin Franklin, Thomas Jefferson ou de John Adams prêterait à sourire. Grandeur et décadence. C’est à propos d’Israël que l’on emploie le plus souvent l’expression « État paria ». À en juger par différentes enquêtes, on peut se demander si les États-Unis ne sont pas en train de glisser dans ce purgatoire des nations les plus mal-aimées. Le très sérieux Pew Research Center a interrogé 42 000 personnes dans 36 pays, entre février et mai 2026. Une moyenne de 35 % des adultes de ces pays jugent encore que les États-Unis contribuent « à la paix et à la stabilité », contre 63 % qui pensent le contraire.
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Auteur: Denis Sieffert

