Pour lutter contre le réchauffement climatique, est-il efficace de sensibiliser les citoyens aux enjeux environnementaux et de les inciter à adopter des éco-gestes, souvent qualifiés de « petits gestes » ?
Ces éco-gestes désignent des actions quotidiennes mises en œuvre individuellement par les citoyens afin de réduire leur impact environnemental. Ils peuvent concerner la mobilité quand il s’agit de privilégier le vélo sur des trajets courts ou de ne plus prendre l’avion, les comportements d’achat en valorisant les biens d’occasion ou les produits locaux. Cela peut aussi affecter le logement en réduisant la température du domicile, en préférant les douches plutôt que des bains, ou encore en collectant l’eau de pluie. Si les formes sont extrêmement variées, l’objectif est le même : réduire l’impact environnemental des citoyens.
Compte tenu de l’ampleur et de la rapidité des changements engendrés par la crise climatique, cette politique des petits gestes est régulièrement questionnée. Tout d’abord, ils se déploient à une échelle individuelle et risquent de n’avoir qu’un impact relatif sur la planète. Ainsi, un engagement volontariste de tous les citoyens ne permettrait de réduire que d’environ un quart les impacts carbone de la France.
De plus, ils s’inscrivent dans une logique de responsabilisation individuelle, faisant peser sur les épaules des seuls citoyens l’enjeu des changements qui concerne la société dans son ensemble.
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Pourtant, dans un travail de recherche récent consacré à l’adoption de comportements zéro déchet, nous avons observé que ces petits gestes ne sont pas si anodins. Il ressort de notre étude, portant sur 24 participants d’un programme de sensibilisation…
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Auteur: Rémi Mencarelli, Professeur des Universités en marketing, IAE Savoie Mont Blanc

