Ce n’est pas le premier rapport sénatorial à faire des vagues, et ce ne sera sans doute pas le dernier. La remise, le 22 mai, des conclusions de la commission d’enquête sur les marges de la grande distribution et de ses fournisseurs, a fait l’effet d’un pavé dans la mare. Depuis une semaine, les dirigeants des grandes enseignes françaises sont vent debout contre les constats formulés par la commission d’enquête, installée en décembre par la sénatrice écologiste Antoinette Guhl.
Dans un rapport sans concession, les parlementaires ont mis à l’amende les pratiques de négociation de la grande distribution, l’existence d’un « pouvoir de marché très déséquilibré » en faveur des principales chaînes d’hypermarchés. « Menaces », « relations brutales », « pratiques prédatrices » : la commission d’enquête est allée puiser des mots forts pour décrire un mécanisme mettant en danger le tissu industriel agro-alimentaire et leurs producteurs. Cette asymétrie dans le rapport de force entre aval et amont, qui s’est accentuée avec le phénomène de concentration dans le secteur, « ne semble pas avoir d’effet favorable automatique sur le pouvoir d’achat des consommateurs », a également épinglé le rapport, qui en donne pour preuve l’augmentation plus rapide depuis 2021 des prix de vente en magasin que celle des tarifs négociés avec les fournisseurs.
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Le retour de…
Auteur: Guillaume Jacquot

