Peut-on apprendre la grammaire allemande dans la joie et le fun ? Faut-il aimer les fraises Tagada comme on déteste l’orthographe, ou l’inverse ? L’institution scolaire prend-elle nos enfants pour des débiles ou souhaite-t-elle seulement les préparer à jouer au ping-pong en entreprise ? À partir de quelques anecdotes accablantes, d’un regard corrosif et d’un enchaînement de très bonnes blagues, Nora V. ausculte un impatient mal-en-point : l’école et ses turpitudes pédagogiques. Et si derrière les bonnes intentions ludico-interactivo-éducatives se cachait le rouleau compresseur de la sélection et du tri de nos chères petites têtes blondes ?
« Monsieur, je peux prendre une photo du tableau ? J’ai la flemme. »
Cette phrase est d’une grande richesse : elle exprime à la fois le niveau d’avancement technique (le locuteur semble posséder un appareil portatif doté de caméra), le rapport à l’institution scolaire (le locuteur semble contraint d’y aller puisque « flemme », mais il est là), le faible niveau culturel du locuteur, la désinvolture duquel renseignera l’historien de 3050 sur le fait que l’école n’était plus, en 2023, un lieu très intimidant. Terrifiant, mais pas intimidant.
Je tiens donc à remercier, de la part de l’historien de 3050, tous ceux qui produisent des énoncés aussi denses. Ils sont nombreux. (Nous sommes nombreux.)
Madame Allemand du collège Jeannot Touneuf de Porcheville, par exemple.
Chère Madame Allemand du collège Jeannot Touneuf de Porcheville,
Je préfère m’adresser à vous directement plutôt que de vous utiliser comme exemple à votre insu.
Je vous écris parce que, Madame, vous avez produit un énoncé au moins aussi riche que « Monsieur, je peux prendre une photo du tableau ? J’ai la flemme. » Pour cela, tout d’abord, merci.
À l’occasion de la Journée Portes Ouvertes (JPO) de votre collège, Madame, souhaitant donner envie à nous parents…
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Auteur: dev

