Malgré certaines avancées, l’égalité des chances dans le système éducatif québécois est encore bien loin d’être atteinte. C’est ce qu’on apprend dans le premier Bulletin de l’égalité des chances en éducation produit par l’Observatoire québécois des inégalités.
Un des problèmes soulevés est celui de l’école à trois vitesses, soit la segmentation des élèves entre les secteurs privé (subventionné par l’État), public enrichi (programmes spéciaux) et public régulier. C’est là où se creuse le fossé entre les groupes sociaux inégalement dotés sur les plans économique et culturel.
Nous vous proposons ainsi, dans cet article, un survol des constats soulevés par le Bulletin de l’égalité des chances en éducation, auxquels nous avons participé à l’élaboration, en tant que chercheurs et experts de l’accès et la réussite aux études, du préscolaire à l’Université.
Du rapport Parent à une scolarité scindée
Comme l’a illustré récemment le documentaire « L’école autrement », réalisé par Erik Cimon des Productions du Rapide-Blanc, le système éducatif québécois s’est considérablement éloigné des visées de démocratisation formulées par la commission Parent dans les années soixante. Ses objectifs étaient de favoriser l’accès à une éducation adaptée à chacun, tout en préparant à la vie en société. Le rapport qui s’en est suivi, véritable symbole de la Révolution tranquille, recommandait notamment de rendre l’école publique gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans, de favoriser un cheminement commun au secondaire et de démocratiser l’accès aux études universitaires.
Malgré ces bonnes intentions, entre 1968 et 2014, la part de l’école privée au Québec est passée de 4 % à 21 %. Cela tient, entre autres, à son bas coût pour les familles, comparé au reste du Canada et aux États-Unis, dûs aux importantes subventions gouvernementales.
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Auteur: Maude Roy-Vallières, Docteure en Éducation, Université du Québec à Montréal (UQAM)

