Après un retour sur l’histoire des luttes trans en Argentine et un focus sur les offensives antitrans de Milei, Pato Laterra revient pour Contretemps sur la manière dont les études trans revisitent l’économie féministe.
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Contretemps – Peux-tu revenir sur l’histoire récente des luttes trans en Argentine ?
Pato Laterra – Il faut tout d’abord revenir sur la loi sur l’identité de genre, adoptée en 2012, qui reconnaît la citoyenneté aux personnes transgenres et donc une identité. Et, en Argentine, il y a quelque chose de très important autour de l’identité, pas au sens libéral étatsunien mais plutôt en lien avec la dictature, les disparitions de militant-es et les mobilisations des mères et grands-mères de la Place de mai. Les disparitions, mais aussi l’identité des enfants volés par les militaires, qu’ils soient nés en captivité et qu’ils aient été enlevés, c’est quelque chose de très important dans notre histoire. Pendant des décennies et encore aujourd’hui, on a patiemment cherché à identifier ces enfants, et à les réunir avec leur famille – souvent leurs grands-mères, les parents ayant « disparu·es », c’est-à-dire ayant été assassiné·es par la dictature. Pour les trans, la dictature a mis en œuvre une persécution policière. Certaines infractions pénales sont restées en vigueur jusqu’en 2005 ou 2006. Ce qu’elles établissaient, c’était le caractère délictueux des comportements non conformes au sexe attribué à la naissance dans la vie publique, comme le fait de s’habiller d’une manière qui ne correspondait pas au sexe figurant sur la carte d’identité à la naissance. Donc pour le simple fait de figurer une expression de genre qui ne serait pas la norme, vous pouviez être arrêté. La seule issue professionnelle qui restait face à la discrimination était également fortement criminalisée : le travail du sexe dans la rue. Cette histoire est très…
Auteur: redaction

