Au moment où cette chronique est écrite, on ne sait pas encore qui gouvernera la France. Mais on peut déjà tirer quelques leçons de ces plus de six semaines pendant lesquelles le principal jeu olympique a consisté à dézinguer le Nouveau Front populaire (NFP) et son programme. Ce programme est fondé sur une relance de l’investissement et de la consommation financée par un budget supplémentaire équilibré, c’est-à-dire que les dépenses publiques nouvelles sont entièrement couvertes par des impôts nouveaux payés par les riches. Certes, le budget total de l’État reste pour l’instant en déficit, mais il n’est pas aggravé. Cela signifie au moins trois choses.
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L’hypothèse keynésienne est qu’un budget public croissant mais équilibré suscite une dynamique car le revenu national augmente d’un montant égal à celui du budget supplémentaire (le multiplicateur est égal à 1), mais elle est moindre qu’avec un budget déficitaire (multiplicateur supérieur à 1). On peut supposer que le NFP a fait le choix politique d’apparaître en bon gestionnaire. Mais ce n’est pas le plus important. En pariant sur l’équilibre du budget supplémentaire, le NFP n’escompte pas des ressources fiscales qui proviendraient de la croissance économique future. Ces dépenses sont payées dans l’instant par les impôts courants des riches, bien plus pollueurs que la moyenne.
En ne retenant pas l’impact macroéconomique de la relance par la demande que vont susciter la hausse du Smic et des prestations sociales et les nouveaux emplois, le bouclage financier se fait indépendamment d’une croissance qui sera sans doute modeste. C’est la différence avec les plans de…
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Auteur: Jean-Marie Harribey

