La position que s’apprête à adopter le Parti socialiste face à la motion de censure déposée contre le gouvernement Lecornu semble désormais écrite d’avance. Après un discours de politique générale de l’ex nouveau premier ministre Sébastien Lecornu, reprenant plusieurs des demandes formulées par les socialistes – à commencer par la suspension de la réforme des retraites –, tout laisse penser que le PS ne s’associera pas à la censure ce jeudi.
Ce choix, que la direction du parti justifie au nom de la responsabilité politique et institutionnelle – et sans doute en réalité de la crainte d’une dissolution –, marque une inflexion lourde de sens. Derrière l’argument de la cohérence politique, se profile le retour à une prudence qui renoue, sous des formes nouvelles, avec les vieux réflexes de la social-démocratie française.
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Olivier Faure avait pourtant semblé rompre avec cette tradition. Depuis sa prise de direction, il s’était efforcé de réinscrire le PS dans une dynamique clairement située à gauche, en renouant avec la logique d’union et en cherchant à rétablir une cohérence idéologique mise à mal par les années de pouvoir.
À force de compromis, la gauche réformiste a ouvert la voie à la montée des droites nationalistes et illibérales.
Dans un paysage politique en recomposition, ce recentrage à gauche avait redonné au parti une visibilité et une crédibilité longtemps perdues. Mais le refus annoncé de la censure, même politiquement argumenté, réactive une suspicion ancienne : celle d’un parti oscillant sans cesse entre deux lignes, incapable de trancher entre l’affirmation d’une alternative de gauche et la…
Auteur: Pierre Jacquemain

