Sébastien Lecornu ne rechigne pas à se moquer des écologistes lors de dîners privés avec ses collègues politiques, selon Le Monde. Ses allocutions publiques en la matière ne sont guère plus amènes : nommé Premier ministre le 9 septembre par Emmanuel Macron, il s’est distingué par le passé pour son soutien à l’usage de la force contre les luttes écologistes, ainsi que pour ses propos méprisants envers les activistes. Notamment quand il était secrétaire d’État auprès de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire de juin 2017 à octobre 2018.
En février 2018, il qualifiait les militants mobilisés contre Cigéo — un projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse) — de « délinquants » sur Public Sénat. Le mois suivant, il évoquait dans Ouest-France des « zadistes de l’ultragauche violente qui ne seront jamais agriculteurs ».
L’ancien ministre des Armées, passé chez Renaissance après plusieurs années chez Les Républicains, n’a pas laissé un bon souvenir aux personnes impliquées dans les luttes à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) et à Bure ; deux dossiers dont Sébastien Lecornu avait la charge ces années-là.
Un « brave petit soldat »
« Plutôt que de contrer nos arguments sur le fond, il était dans le dénigrement des personnes, ce qui n’est pas normal de la part d’un secrétaire d’État. Il nous a qualifiés de “délinquants”, mais au final nous avons tous été relaxés », explique Angélique Huguin, coordinatrice des Fronts contre Cigéo.
La militante antinucléaire fait ici référence à ce qu’elle qualifie de « procédure-bâillon et d’opération de communication et de répression politique » : dans la foulée d’une enquête ouverte en juillet 2017, sept personnes impliquées dans la lutte contre ce projet avaient notamment été accusées d’« association de malfaiteurs », avant d’être totalement…
Auteur: Amélie Quentel

