L’acquisition de l’écrit est un processus complexe, qui s’étale sur toute une scolarité. Et l’omniprésence d’outils numériques implique de repenser son apprentissage, dans la mesure où les écrans supposent un autre traitement des informations. Du cahier à l’ordinateur ou au smartphone, les logiques ne sont plus les mêmes. Quelques pistes de réflexion.
« L’écriture n’est pas en progrès ; il semble même qu’elle soit plutôt en décadence. » Si vous pensez lire là un extrait de l’annonce de François Bayrou, en mars dernier, à l’occasion de l’annonce d’un plan pour l’écriture à l’école, vous vous trompez. Il s’agit d’une citation de l’inspecteur d’académie Irénée Carré, en 1889.
La maîtrise de l’écrit et son enseignement ont toujours fait l’objet de prises de parole politiques, reflétant les enjeux sociaux autour de l’écriture qui, en plus d’être un puissant transformateur cognitif, est un outil indispensable pour s’insérer socialement. Que ce soit dans une langue maternelle ou dans une langue étrangère, sur papier ou sur écran, écrire, c’est penser.
En tant que besoin social, l’écrit catalyse des inégalités. Ajoutée à d’autres facteurs, sa maîtrise permet d’accéder à une meilleure réussite scolaire, académique, professionnelle, sociale. Et cette réussite est davantage susceptible de conduire à des situations dans lesquelles on continue à réfléchir et s’enrichir intellectuellement.
On comprend donc bien la nécessite d’enseigner l’écrit à l’école, et jusqu’à l’université. De plus, si les problématiques d’enseignement de l’écriture questionnent les professionnels depuis longtemps, l’omniprésence de l’écriture numérique soulève de nouvelles questions. Quelles différences entre l’écriture sur papier et l’écriture sur écran ? Qu’implique l’écriture numérique, à la fois sur le plan social et celui de son…
Auteur: Maëlle Ochoa, Doctorante en didactique des langues secondes, Université de Bordeaux

