L’Éducation nationale asphyxiée : quand la jeunesse se soulève face au mépris d’État

Une situation critique 

La colère de la jeunesse est légitime. C’est une réaction à la violence institutionnelle infligée à l’École publique depuis des années.

À la rentrée, 53 % des collèges et lycées publics manquaient d’au moins un professeur, selon le Snes-FSU. Au lieu de combler ces gouffres, l’exécutif accélère la casse : après la suppression de 4 000 postes d’enseignants en 2026, la suppression de 1 588 postes a été annoncée pour 2027. Ces suppressions ont des conséquences directes sur les jeunes qui déplorent le non remplacement de leurs professeurs démissionnaires ou en congés.

« L’an dernier, on n’a pas eu de prof de français pendant 6 mois alors qu’on avait le bac à la fin de l’année ! », se scandalise un lycéen lors d’un blocus.

La crise ne se limite pas aux enseignants : tous les piliers de l’encadrement et de la vie scolaire s’effondrent. Un collège ou un lycée sur 3 manque d’au moins un assistant d’éducation (AED), tandis que les infirmières scolaires, les Conseillers principaux d’éducation (CPE) et les AESH (Accompagnant d’élève en situation de handicap) manquent cruellement à l’appel pour accompagner des jeunes en difficulté.

La réalité de certaines salles de classe est déplorable. La moyenne des effectifs a atteint 30 élèves par classe en 2025, contre 28 entre 2000 et 2010. À cela s’ajoute un parc immobilier à l’abandon puisque les deux tiers des sites scolaires datent d’avant 1970.

Au total, 10 % des écoles, collèges et lycées affichaient un état de vétusté important en 2023. Plafonds qui s’effritent, manque de tables et de chaises, toilettes insalubres, cafards, températures glaciales l’hiver et étouffantes l’été…

De nombreux lycéens, notamment ceux des banlieues périphériques de Paris, dénoncent une inégalité de moyens par rapport aux lycées de la grande ville. « On est complètement abandonnés dans les banlieues, on…

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Auteur: Léonore Suied