Ilan Pappé, fils de juifs allemands ayant fui l’Allemagne au moment de l’arrivée des nazis au pouvoir, fait partie des « nouveaux historiens » israéliens qui ont contribué à produire une histoire critique du sionisme en revisitant l’histoire de la création d’Israël. Auteur de nombreux ouvrages, dont Le nettoyage ethnique de la Palestine, récemment réédité par les éditions La Fabrique, il a publié de nombreuses contributions sur la guerre menée à Gaza. A l’occasion de son récent passage en France, Contretemps traduit sa plus récente intervention publiée dans le blog de la New Left Review.
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L’assaut du Hamas du 7 octobre peut être comparé à un tremblement de terre qui frappe un bâtiment ancien. Les fissures commençaient déjà à apparaître, mais elles sont désormais visibles dans ses fondations mêmes. Se pourrait-il que, plus de 120 ans après sa création, le projet sioniste en Palestine – l’idée d’imposer un État juif dans un pays arabe, musulman et du Moyen-Orient – soit confronté à la perspective d’un effondrement ? Historiquement, une multitude de facteurs peuvent faire chavirer un État. Cela peut résulter d’attaques constantes de la part de pays voisins ou d’une guerre civile chronique. Cela peut résulter de l’effondrement des institutions publiques, qui deviennent incapables de fournir des services aux citoyen.nes. Souvent, il s’agit d’un lent processus de désintégration qui s’accélère et qui, en peu de temps, met à bas des structures qui semblaient solides et inébranlables.
La difficulté consiste à repérer les premiers indicateurs. Je soutiendrai ici que ceux-ci sont plus clairs que jamais dans le cas d’Israël. Nous sommes les témoins d’un processus historique – ou, plus exactement, des prémices d’un processus – qui devrait culminer avec la chute du sionisme. Et si mon diagnostic est exact, nous entrons dans une conjoncture particulièrement…
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Auteur: redaction

