D’année en année, l’état de la justice française se dégrade. Délais interminables, personnel débordé, dossiers bâclés, erreurs judiciaires, c’est toute une institution qui se trouve au bord de la rupture. Et ce désastre ne résulte pas de défaillances individuelles, mais bien d’un système à bout de souffle.
Comme la santé, l’éducation ou l’écologie, la justice doit faire face à des décennies de décisions austéritaires où les budgets et les moyens sont constamment comprimés sur l’autel du néolibéralisme et des cadeaux aux plus fortunés. Et si une politique de rupture, n’advient pas prochainement à la tête de l’État, la situation continuera à se dégrader au détriment de la démocratie.
Un pilier de la République
Comment garantir une société apaisée sans une justice saine et efficace ? La question revient de plus en plus souvent sur la table, tant les scandales se multiplient à ce niveau. L’affaire Lyhanna n’a d’ailleurs pas manqué de susciter une indignation nationale.
Mais plus que des défaillances individuelles, le problème est bel et bien, ici, systémique. Que ce soit dans la prise en charge des plaintes, au niveau de l’enquête, dans l’examen des dossiers ou encore les décisions adoptées par la magistrature à cause de tribunaux saturés, le secteur entier de la justice plie sous le poids de l’austérité, des manques de moyens et des restrictions budgétaires.
Des chiffres accablants
Malgré le déni cynique d’Emmanuel Macron, qui affirmait ne vouloir « entendre aucun argument de moyens » dans le scandale Lyhanna, les statistiques ne mentent pas. Pour 100 000 habitants, la France ne compte que 3,2 procureurs. Seule l’Irlande fait pire dans toute l’Union européenne (2,7). C’est 7,5 fois moins que la Lettonie, en tête de ce classement.
La justice française manque bel et bien de moyens…
Auteur: Mr Mondialisation

