Coca-Cola au Mexique rend les autochtones accros
Coca-Cola au Mexique sévit particulièrement dans l’État du Chiapas. A quelques kilomètres de la touristique ville de San Cristobal de Las Casas se trouve le foyer de la communauté des Tzotzil. San Juan de Chamula abrite une partie de ce peuple descendant des Mayas qui continue de perpétuer leurs propres règles et coutumes. Ce village, qui témoigne à la fois de la conservation d’un mode de vie autonome, illustre paradoxalement l’implantation de la multinationale, s’immisçant jusque dans leur lieu de culte.
C’est à l’intérieur de l’église de la commune que le paradoxe entre l’héritage maya et l’impérialisme américain prend tout son sens. Dans ce lieu de recueil, la fumée de centaines de bougies, le sol jonché d’aiguilles de pins fraîches et les sacrifices de poulets vivants s’entremêlent aux bouteilles de Coca, dressées devant les fidèles qui s’attèlent à prier religieusement.
Carnaval San Juan chamula, Plaza de San juan – Crédit : Jonathan Alexis G
Miguel, un guide local, explique pour La Relève et La Peste que « Le Pox, alcool local traditionnellement utilisé lors de ces cérémonies, est remplacé par la boisson pétillante ». S’abreuver de ces bulles leur permettraient « d’éructer plus facilement et ainsi de purifier leur âme ». Pire encore, nombreux d’entre eux pensent que cette boisson sucrée devenue sacrée « a le pouvoir de guérir les maladies ».
La machine infernale de l’addiction est en marche à partir du moment où la marque use de tous les artifices pour séduire les habitants. Présente sur la totalité des étalages du village et vendue à un prix inférieur à celui des villes, il est aussi facile de se procurer du Coca-Cola que de l’eau. S’ajoute à cela, le marketing des panneaux publicitaires qui joue sur l’émotion, en représentant des références religieuses et des…
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Auteur: La Relève et La Peste

