Près de sept ans après la légalisation du cannabis au Canada, le débat persiste : entre santé publique, marché illégal persistant et pression industrielle, certaines promesses de cette réforme tardent à se concrétiser pleinement. Le Québec, avec son modèle plus restrictif et axé sur la santé publique, se distingue du reste du pays. Mais à quel prix – et pour quels résultats ?
Le 17 octobre 2018, la Loi sur le cannabis est entrée en vigueur au Canada pour règlementer la production, la distribution, la vente, l’importation, l’exportation et la possession de cannabis pour les adultes. Cette réforme historique visait notamment à réduire l’influence du marché illégal, à améliorer la santé publique et à limiter l’accès des jeunes au cannabis.
Bien que le cadre fédéral fixe les grandes lignes (comme l’âge légal minimal de 18 ans), certaines règles peuvent être adaptées par les provinces dans une visée plus restrictive. Sept ans après la mise en œuvre de la loi, plusieurs questions demeurent : quels sont les bénéfices, les limites et les défis de la légalisation du cannabis ? Quelles sont les particularités du modèle québécois ? Comment se compare-t-il à d’autres modèles canadiens ou internationaux ?
Je suis candidate au doctorat en psychologie à l’Université de Montréal. Mes champs de recherche portent sur le transfert et la mobilisation des connaissances, la science de la mise en œuvre et l’approche de réduction des méfaits liés à l’usage du cannabis. Mon codirecteur Jean-Sébastien Fallu est professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal. Ses intérêts de recherche portent notamment sur l’étiologie et la prévention ainsi que sur les politiques et la stigmatisation en matière d’usage de substances.
Bénéfices, limites et défis de la légalisation
La légalisation du cannabis comporte plusieurs avantages. En matière sanitaire,…
Auteur: Roula Haddad, PhD candidate in Psychology, Université de Montréal

