« Ah ! ces Grecs, ils s’entendaient à vivre : pour cela il importe de rester bravement à la surface, de s’en tenir à l’épiderme, d’adorer l’apparence, de croire à la forme, aux sons, aux paroles, à tout l’Olympe de l’apparence ! Ces Grecs étaient superficiels — par profondeur ! » Friedrich Nietzsche [2]
« Je crois qu’il y a quelque chose d’un peu mystique dans tout ça. Pourquoi ces combinaisons de vibrations nous affectent-elles tant ? Je ne peux pas écouter God only knows des Beach Boys sans être bouleversé. Qu’est-ce qui peut bien me toucher là-dedans ? Les paroles ? Les changements d’accords ? Je n’en sais rien, mais j’aime ce côté inexplicable et légèrement mystique. C’est ce qui me plaît dans la musique, et quand on me demande si je n’en ai pas marre de continuer, je réponds non, car j’aime vraiment cette idée. » Paul McCartney [3].
« Well she was just seventeen, you know what I mean, and the way she moved was way beyond compare ». L’homme qui écrit et chante ces mots n’est pas un vieux dégueulasse mais un gamin lui-même âgé d’à peine vingt ans, s’adressant à ses semblables. Cela figure en ouverture de « Please Please Me », le premier album des Beatles, paru le 22 mars 1963 – et c’en est sans doute le sommet. L’inspirateur évident de ce premier chef-d’oeuvre est le grand maître en songwriting de l’époque, un dénommé Chuck Berry, aussi bien pour la musique que pour ces paroles qui vont à l’essentiel, en mêlant inquiétude, jubilation et espièglerie – des moods que le Paulo visitera et revisitera sans cesse pendant les six décennies qui vont suivre. Cela s’appelle, bien entendu, I saw her standing there, c’est signé Lennon-McCartney (comme tout ou presque de ce que vont chanter les Beatles pendant encore huit ans – à l’exception de quelques reprises et de quelques titres signés Harrison ou Starkey), mais paroles, musique et…
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Auteur: Pierre Tevanian

