« Leila et les loups », du côté des femmes



Leila et les loups / Heiny Srour / 1 h 30.

Avec Randa Chahal Sabbagh et Jocelyne Saab, Heiny Srour fait partie de la génération des réalisatrices libanaises marquées par la guerre civile (1975-1990), dont l’œuvre mérite d’être davantage montrée. Celle de Heiny Srour est réduite en nombre de films – deux longs métrages, un de fiction et un documentaire, et des courts – mais certainement pas limitée en intérêt.

Née à Beyrouth il y a 80 ans dans une famille juive, elle rompt avec elle pour faire des études à Paris et suit notamment les cours de Jean Rouch sur le cinéma direct. Elle se rend ensuite au Dhofar en pleine guerre, où elle filme les combattants du Front populaire de libération du Golfe arabe occupé (FPLGAO), opposé à la présence des troupes britanniques à Oman. Elle en tire un documentaire en 1974, L’heure de la libération a sonné. Le film est sélectionné en compétition à Cannes, Heiny Srour devenant ainsi la première cinéaste arabe y figurant.

Elle réalise Leila et les loups dix ans plus tard, le tournage s’étendant sur plusieurs années. Un film résolument anticonformiste, puisqu’il revisite 80 ans d’histoire du Liban et de la Palestine en mettant en exergue le rôle des femmes, et dans une forme singulière. Leila et les loups est en effet composé d’épisodes ou de tableaux dont l’action se déroule à différentes périodes, avec des comédiens récurrents interprétant divers rôles, auxquels s’ajoutent des images d’archives (datant de la Palestine sous mandat britannique, notamment).

Patriarcat écrasant

Le récit opérant comme fil rouge se situe à Londres en 1975, où Leila (Nabila Zeitouni) prépare une exposition sur la Palestine. Elle fait remarquer à son compagnon, Rafic (Rafic Ali Ahmad),…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Christophe Kantcheff

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