Alors que l’élection présidentielle brésilienne va bientôt connaître son dénouement, il est utile, pour en comprendre la portée internationale, d’analyser la relation toujours plus étroite que Brasilia entretient avec Pékin.
Depuis 2009, la Chine est, devant les États-Unis, le premier partenaire commercial du Brésil, tandis que ce dernier est le premier partenaire de la Chine en Amérique latine.
Les rapports entre les deux géants, tous deux membres du groupe des BRICS (avec l’Inde, la Russie et l’Afrique du Sud), illustrent parfaitement l’asymétrie des liens entre, d’une part, une Chine à la puissance économique sans cesse croissante depuis trois décennies et, d’autre part, les pays et les sociétés non occidentales, où la RPC investit largement.
Des liens récents mais désormais très étroits
Les relations diplomatiques entre les deux pays sont officialisées en 1974, en pleine guerre froide, au lendemain de l’admission de la Chine à l’ONU et durant la dictature militaire brésilienne.
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Si les relations sont très limitées depuis le XIXe siècle, les années 1980 et 1990 vont changer la donne. L’insertion accélérée de la Chine dans la mondialisation induit une recomposition des liens politiques, commerciaux et diplomatiques. L’ascension progressive des intérêts chinois en Amérique latine s’affirme avec le tournant des années 2000 et l’adhésion de Pékin à l’OMC (2001). Dès lors, la Chine intensifie son emprise sur le continent, longtemps considéré comme le pré carré des États-Unis.
Pékin développe sa stratégie latino-américaine dans un triple objectif : diversifier ses sources d’approvisionnement en ressources naturelles et agricoles ; incarner un leadership non occidental en matière de développement ; et étouffer Taïwan.
En 2008, la Chine publie son Livre Blanc des relations avec l’Amérique latine et les Caraïbes. Le Brésil, plus grand pays d’Amérique latine, et dont les dimensions démographique et géographique peuvent laisser penser qu’il a les moyens d’entretenir une « relation équilibrée » avec la Chine, sera au cœur des ambitions de Pékin dans la région.
Le partenariat bilatéral signé en 1994 a été converti en partenariat stratégique en 2004 et enfin en « partenariat stratégique mondial » en 2012. Dès le milieu des années 2000, la Chine est présente dans tous les secteurs (agriculture, transports, extraction, spatial, finance, etc.) et dépasse en tant que partenaire commercial les historiques grands partenaires du Brésil que sont les États-Unis et les pays européens).
La progression est d’une rapidité impressionnante et se concrétise sous les mandatures de gauche au Brésil (Lula puis Rousseff). En 2000, la Chine représente 2 % des…
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Auteur: Emmanuel Véron, Enseignant-chercheur – Ecole navale, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)

