Pour Donald Trump, le changement climatique est un « canular », ou un « concept inventé par les Chinois pour empêcher l’industrie américaine d’être compétitive ». Lors de son premier mandat, il avait abrogé plus de 100 normes environnementales actées sous Barack Obama. Emmanuel Hache, adjoint scientifique et responsable matériaux critiques à l’IFP Énergies nouvelles et directeur de recherche à l’Iris (1), décrypte les risques pour le climat et l’environnement après la réélection du milliardaire.
Avec la réélection de Donald Trump, que faut-il redouter pour la lutte contre le changement climatique ?
Emmanuel Hache : Cette élection tombe à un très mauvais moment parce que nous sommes à une période charnière où chaque geste compte. Or l’une des premières décisions de Donald Trump sera de sortir les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, et la suivante sera le démantèlement de l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA). En parallèle, il y aura certainement la levée des taxes sur les émissions de méthane, et sur tout ce qui pourrait paraître comme réglementaire pour la production de pétrole et de gaz. D’un côté, les engagements de neutralité carbone à l’horizon 2050 ne seront plus tenus ; de l’autre, la politique énergétique orientée sur les énergies fossiles va relâcher une quantité importante de gaz à effet de serre (GES).
On peut espérer que certains pays s’engouffreront dans la brèche pour affirmer leur leadership climatique international.
En mars dernier, un rapport du Carbon Brief estimait que le retour de Trump à la présidence engendrerait 4 milliards de tonnes de GES supplémentaires à l’horizon 2030, soit environ les émissions de l’Union européenne et du Japon réunis. Sur le plan international, cela pourrait démotiver d’autres pays producteurs…
Auteur: Vanina Delmas

