L’une a misé sur le ver de farine, l’autre sur la mouche soldat noire. Les jeunes entreprises Ynsect et Agronutris ambitionnent toutes deux de produire des insectes pour leur faire une place, sinon directement dans nos assiettes, au moins dans notre système alimentaire. Après avoir englouti des sommes colossales, elles partagent désormais un autre point commun, peu enviable : celui d’être à court d’argent. L’élevage d’insectes est-il dans l’impasse ?
Leurs difficultés douchent les espoirs placés dans cette filière pour contribuer à la décarbonation de notre alimentation. En 2013, un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) présentait les insectes comme une ressource prometteuse pour l’alimentation animale, voire humaine. L’enjeu ? Produire des protéines avec un moindre effet sur l’environnement.
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Ces dernières années, la France, en pointe dans le secteur, a vu éclore les sociétés ambitionnant de nourrir le bétail, les volailles ou les poissons d’élevage à l’aide d’insectes réduits en farine ou en huile. Il s’agit d’offrir une solution de substitution aux farines de soja (qui contribuent à la déforestation) et aux farines de poissons (qui vident les océans). Ni plus ni moins que de « réinventer la chaîne alimentaire », écrit sur son site Ynsect, n°1 du secteur — Agronutris est troisième.
Las… Ynsect risque le redressement judiciaire. De son côté, la maison mère d’Agronutris, elle aussi en mal d’investissements, est placée sous procédure de sauvegarde depuis le 23 janvier. Pourtant, « à elles deux, Ynsect et Agronutris ont “brûlé” 1 milliard d’euros », observe Matteo Neri, spécialiste du secteur à l’institut d’études Xerfi.
Des gigafactories trop gourmandes
Avant d’être la crise d’un secteur, c’est la crise d’un…
Auteur: Benjamin Douriez

