Depuis la fin des années 1980, la production mondiale de saumon d’élevage n’a jamais cessé de croître. En 2021, ce sont près de trois millions de tonnes qui ont été produites à travers le monde, soit trois fois plus qu’au début du siècle. À l’échelle mondiale, près de trois tiers des saumons sont désormais issus de l’élevage. En France, ce taux atteignait 98% en 2023 selon FranceAgriMer.
Pour suivre la cadence, les leaders mondiaux de la salmoniculture cherchent désormais à développer des élevages intensifs terrestres – des environnements entièrement artificiels et contrôlés censés reproduire, sur terre, les conditions de vie des saumons en milieu naturel.
Pour alerter sur cette nouvelle tendance, les associations Seastemik et Foodrise ont publié un nouveau rapport intitulé « poissons hors sol ». Soutenu par une vingtaine d’ONG à travers le monde, il dénonce la mutation d’une industrie qui sacrifie le vivant au nom du profit.

L’illusion d’une solution “durable”
Les conséquences néfastes de la salmoniculture en mer ne sont plus un secret : pollution des écosystèmes, rejets de déjections et de produits chimiques, prolifération de maladies, fuite de poissons d’élevage… Tant de raisons que les industriels mettent aujourd’hui en avant pour justifier le transfert de ces élevages intensifs sur terre.
En réalité, sortir les saumons de la mer pour les enfermer dans des bassins ne fait qu’approfondir les impacts déjà existants en les transposant dans un nouvel environnement, tout en permettant aux entreprises de continuer leur exploitation comme si de rien n’était.
En 2024, l’agence norvégienne de l’environnement a mené une campagne d’inspection générale des sites d’élevage piscicole terrestre. Sur les 77 élevages inspectés, 90 % étaient en infraction, dont un quart pour des manquements graves.
Dans les trois quarts des sites, la gestion des rejets – phosphore, azote,…
Auteur: Louis Laratte

