Concernant l’extrême droite en Amérique Latine, nous avons les yeux rivés sur l’Argentine. C’est oublier un peu vite la situation dans le pays voisin, le Brésil. Bien que Jair Bolsonaro a été écarté du pouvoir depuis 2023, l’extrême droite demeure un danger très présent.
À travers une analyse de la trajectoire politique du Lula et du lulisme, resitué dans une perspective historique de plus long terme, Valerio Arcary, historien et militant du PSOL, propose une analyse éclairante sur l’ampleur des risques politiques que traverse le pays.
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Si le Brésil est aujourd’hui moins pauvre et mieux instruit qu’il y a quarante ans, il demeure néanmoins profondément injuste. Le constat historique est accablant. Certes, les inégalités sociales ont diminué, mais les changements restent minimes. Tout évolue à un rythme désespérément lent. Pire encore, ce qui ne progresse pas régresse. La direction luliste s’est retrouvée prise en otage par l’opération Lavajato, a démoralisé de larges secteurs de la classe travailleuse et de la jeunesse et a livré les classes moyennes exaspérées (par les accusations de corruption, l’inflation des services, les augmentations d’impôts, etc.) aux mains du pouvoir de l’« Avenida Paulista » (siège des grandes banques et entreprises), ouvrant la voie au gouvernement ultra-réactionnaire de Temer. Et Temer l’a remis entre les mains de l’extrême droite et de Bolsonaro.
Ce n’est pas pour cela qu’une génération s’est tant battue. Entre 1978 et 1989, Lula a gagné la confiance de la grande majorité de l’avant-garde ouvrière et populaire. Le rôle de premier plan de Lula était à la fois le reflet de la force sociale du prolétariat brésilien et, paradoxalement, de sa naïveté politique. Une classe ouvrière jeune et peu instruite, récemment issue des régions les plus défavorisées, sans expérience préalable de la lutte syndicale, sans tradition…
Auteur: redaction

