Fouesnant (Finistère), reportage
Deux salles, deux ambiances. Entre les résidences secondaires aux volets fermés, les villas avec vue sur mer et les pinèdes, des gendarmes en rang d’oignon font le piquet sur un parking de Fouesnant (Finistère). Devant eux, de joyeux nez de clown, des perruques aux cheveux fluo, des tenues d’Arlequin, des masques vénitiens et autres déguisements dansent au rythme de « Djadja », d’Aya Nakamura. Avec des paroles quelque peu revisitées… sur le milliardaire Vincent Bolloré.
« Oh Bolloré, y’a pas moyen Bolloré, on jette un sort à Bolloré, en Bretagne les gens ne veulent pas de toi ! » Un chant quelque peu original pour un fest-deiz — fête bretonne diurne, en opposition au fest-noz qui se tient la nuit —, qui s’est déroulé le 2 février dans la commune de 10 000 habitants et aux 32 % de résidences secondaires. Le thème de cette fête n’étant autre que « Kenavo Bolloré », « Au revoir Bolloré » en breton.
« On est ici aujourd’hui, car Vincent Bolloré a plusieurs propriétés à Fouesnant où il a déjà hébergé ses gardes issus de groupuscules d’extrême droite », explique Max, un carnavaleux.
Cet été, le média La Lettre a en effet révélé que le milliardaire avait notamment recruté Marc de Cacqueray-Valménier, un néonazi issu du Groupe Union Défense (GUD), pour surveiller sa maison située sur l’île du Loc’h, au sein de l’archipel des Glénan non loin de Fouesnant. D’après La Lettre, depuis plus de dix ans, Vincent Bolloré fait appel à une société directement liée à la GUD Connection pour surveiller sa propriété du nom de Checkport.
Ramener de la joie dans la lutte
S’opposer à l’empire Bolloré — il possède le groupe Canal+, le groupe d’édition Editis, Europe 1, Havas (communication), etc. — dans une ambiance bon enfant réunissant des manifestants de tout…
Auteur: Chloé Richard

