L'Empire les quatre fers en l'air

Enlisé dans l’ornière afghane

Allons, il en reste tout de même quelques raisons de lever un verre. Trinquons à l’écroulement de la marche de l’empire U.S. en Asie centrale.

Embourbés que nous sommes dans la sentine climatique, pandémique, hygiénique, prophylactique, politique, bureaucratique, économique, logistique, sécuritaire, judiciaire, idéologique, obscurantiste, le fait de voir les américains s’écraser pitoyablement le museau sur les chemins poussiéreux d’Afghanistan, c’est jouissif. Assez beau pour qu’on puisse oublier pendant un instant les acariâtres nouveaux locataires du palais présidentiel à Kaboul et le tragique imbroglio que les paladins de l’Ouest en débandade laissent derrière eux et tant pis pour les Afghans.

Depuis le 16 août 2021, les soldats des États Unis et des unités de l’OTAN encore présentes en Afghanistan mènent une opération militaire délicate. Il s’agit d’assurer la fuite des diplomates, fonctionnaires et sous-traitants occidentaux détachés dans le pays, ainsi que des hommes de paille afghans en perdition, suite à la chute de Kaboul. C’est l’épisode final de l’effondrement du régime fantoche installé dans le pays par les États-Unis et soutenu à coup de milliers de milliards de dollars et d’une guerre dévastatrice de 20 ans – la plus longue jamais engagée par les États Unis.

Les images du chaos régnant à l’aéroport de la capitale sont saisissantes. Elles évoquent d’emblée celles de la chute de Saïgon en avril 1975. On y voyait des collabos vietnamiens risquer leur vie pour tenter une fuite hasardeuse et pour beaucoup impossible. Ils essayaient d’escalader les grilles de protection de l’ambassade des EUA, s’écrasant les uns les autres ; ils s’accrochaient aux trains d’atterrissage des hélicoptères, les empêchant de décoller. Les troupiers américains essayaient de contrôler la foule à coups de crosse, pendant que des camarades s’occupaient de lancer à la flotte le précieux matériel de guerre américain, hélicoptères y compris, ne fût-il tomber entre les mains des vietcongs victorieux.

Le 16 août 2021, sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul, on voit les foules en panique courir de-ci de-là, éperdues. Tous cherchent à se glisser dans l’un des appareils de l’US-Air-Force ou frétés par le Pentagone pour procéder à l’évacuation. Tâche pratiquement impossible. Trop de monde. Insuffisamment d’avions. Surtout, ça urge. Les Talibans ont déjà calé leurs fesses dans les fauteuils du palais…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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