Léna Lazare : « Il faut surprendre les dirigeants, être créatifs, les fatiguer »

Léna Lazare, 24 ans, est l’une des porte-paroles de Youth for Climate. Elle est engagée dans la dynamique des « Soulèvements de la Terre » qui se mobilise notamment contre les mégabassines.


Reporterre — Face au gouvernement, le mouvement social et le mouvement écologiste semblent vivre une situation similaire : ils ne sont pas écoutés. Qu’en pensez-vous ?

Léna Lazare — Oui, c’est intéressant de faire le parallèle entre la lutte contre la réforme des retraites et celle pour le climat. Les mêmes méthodes sont utilisées par le gouvernement pour faire taire la contestation ou la contenir au maximum. Il l’ignore et essaye de lui retirer toute légitimité. Dès que le mouvement se durcit, les autorités sortent les matraques.

Ils nous traitent de « factieux » ou d’« écoterroristes », tentent de nous discréditer et nous criminalisent. À quelques jours d’écart, on a vécu une répression identique. Les manifestations à Paris contre la réforme des retraites place de la Concorde ont été interdites. Notre mobilisation antibassines aussi. Des zones rouges avec des arrêtés d’interdiction de circulation, en plus des arrêtés d’interdiction de manifestation, ont été décrétées. Il y a des amendes et des arrestations arbitraires. Le gouvernement veut nous faire peur.



La situation a-t-elle empiré ces dernières années ?

Effectivement, j’ai l’impression qu’on avait plus de marge de manœuvre, avant. Quand on a débuté le mouvement climat en 2019, on était plus insouciants, plus légers. À l’époque on pensait beaucoup moins à la police. Je me rappelle aussi de mes premiers blocages de fac, en 2017, la police intervenait peu. Nos actions de désobéissance civile n’étaient pas réprimées de cette manière. L’espace de la contestation s’est aujourd’hui largement rétréci. Insidieusement, on perd nos droits petit à petit, et avec notre liberté, la possibilité même de s’engager.



Que pouvez-vous faire dans ce contexte ? Comment les faire reculer alors que vos moyens d’agir sont de plus en plus limités ?

Je n’ai pas un programme clair personnellement mais dans les milieux de luttes écolos que je fréquente, nous partageons certaines intuitions. Par exemple, nous pensons désormais qu’il ne faut plus rien attendre des institutions et assumer une conflictualité directe avec elles. Il est indispensable d’augmenter le rapport de force jusqu’à ce qu’elles plient. Nous ne devons plus collaborer avec elles, il faut arrêter de croire au dialogue face à des forcenés de ce type.

« Les élites ne sont pas à convaincre mais à contraindre »



Un peu comme le disait le Cgtiste Olivier Mateu : « C’est la fin du dialogue social, c’est la…

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Auteur: Gaspard d’Allens Reporterre

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