Vous lisez « L’endométriose, une maladie gynécologique stimulée par la pollution ». La seconde partie de l’enquête est à lire ici.
Des douleurs insoutenables pendant les règles, des opérations à répétition, des difficultés à concevoir un enfant… À cause de pollutions environnementales très répandues aux pesticides, polychlorobiphényles (PCB) et dioxines ? C’est ce que suggèrent des études sur l’endométriose de plus en plus nombreuses dans le monde depuis les années 1990.
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique qui touche une à deux femmes sur dix. Après l’ovulation, pendant la deuxième phase du cycle menstruel, la muqueuse qui tapisse l’utérus s’épaissit pour accueillir un éventuel embryon. S’il n’y a pas eu fécondation, cet endomètre est évacué par le vagin lors des règles. Chez les femmes souffrant d’endométriose, ce processus naturel est grippé : une partie des tissus utérins migre, prolifère et saigne de manière anormale autour des ovaires, sur la paroi qui entoure les viscères voire sur certains organes comme la vessie et les intestins. Avec à la clé de très fortes douleurs pendant les règles et les rapports sexuels pénétratifs, et toutes sortes de troubles digestifs, urinaires et gynécologiques. L’endométriose provoque ainsi 21 000 hospitalisations chaque année et est la première cause d’infertilité en France. Elle ne se soigne pas, et les seuls traitements existants — prise d’hormones et opérations chirurgicales dans certains cas — visent seulement à enrayer tant bien que mal sa progression.
© Cécile Guillard/Reporterre
Dans les trente-quatre pages de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, lancée en février dernier par le ministre de la Santé d’alors Olivier Véran, une seule mention est faite de « facteurs environnementaux » dans l’apparition de la pathologie. Pourtant, depuis trente ans, les études qui suggèrent un lien entre cette maladie particulièrement invalidante et l’exposition à certains polluants chimiques s’empilent dans les bibliothèques des spécialistes. Marina Kvaskoff, épidémiologiste et chercheuse à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), guette chaque nouvelle parution. « Récemment, une revue de la littérature a été réalisée à partir d’une cinquantaine d’études. Elle montre que l’exposition aux PCB est associée à une augmentation de 70 % du risque d’endométriose, aux dioxines à une augmentation de 65 % et aux…
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Auteur: Émilie Massemin Reporterre

