L’Enfant veuf / Alain Kan / Séguier /208 pages / 21 euros.
Ayant démarré sa carrière musicale dans les années 1960, du côté de la chansonnette mignonnette, Alain Kan – né en 1944 – va trouver sa véritable voie, ô combien originale, au cours des années 1970. Après un passage révélateur à l’Alcazar, fameux cabaret parisien de cette époque, où il s’illustre comme animateur musical, il va se métamorphoser progressivement et faire apparaître un alter ego scénique androgyne et flamboyant, sous l’influence en particulier de David Bowie/Ziggy Stardust.
À partir de 1974, sortant de sa chrysalide, il va ainsi papillonner (de nuit) entre chanson (sur)réaliste, glam rock, pop, punk et new wave. Si les compositions musicales, signées avec le renfort de divers acolytes, s’abreuvent surtout aux sources anglo-saxonnes, les paroles, écrites par lui, privilégient largement le français. Drogues, (homo)sexualité, fantômes, stars, lolitas, vampires et autres créatures nocturnes figurent parmi les motifs narratifs récurrents.
Panache désespéré
Mince mais substantielle, sa discographie solo compte quatre albums, dont les titres laissent déjà poindre un univers à part : Et Gary Cooper s’éloigna dans le désert… (1974), Heureusement en France on ne se drogue pas (1976), What Ever Happened To Alain Z. Kan (1979) et Parfums de nuit (1986). On pense notamment au Gainsbourg des années 1970-1980, à Daniel Darc/Taxi Girl et à Christophe – qui a épousé la sœur d’Alain Kan – en explorant cet univers. S’y déploie un monde parallèle sulfureux, cabaret de la dernière danse orchestré avec un panache désespéré par un dandy gay à fleur de peau.
Boudé par le succès de son…
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Auteur: Jérôme Provençal

